Le Bureau,
- Rappelant le chapitre V de la Convention ainsi que le chapitre I.4 des Directives opérationnelles relatifs aux critères d’admissibilité et de sélection des demandes d’assistance internationale,
- Ayant examiné le document LHE/26/21.COM 2.BUR/1 ainsi que la demande d’assistance internationale n°02375 soumise par la Malaisie,
- Prend note que la Malaisie a demandé une assistance internationale pour le projet intitulé Le programme d’apprentissage du Mek Mulung :
Mis en œuvre par le Département national de la culture et des arts, ce projet d’une durée de trois ans vise à sauvegarder la pratique menacée du Mek Mulung, un élément inscrit sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, en 2023. Cet art du spectacle traditionnel se compose d’éléments de théâtre, de dialogue, de chant, de danse et de musique ; il implique en outre un groupe de quinze à vingt personnes, accompagnées de musiciens. Pour soutenir les efforts du groupe local de Mek Mulung « Seri Mahawangsa », le projet prévoit l’élaboration et la mise en œuvre de modules de formation, ainsi que de la recherche, de la documentation et de la sensibilisation. Les activités basées sur les communautés seront menées dans le village de Wang Tepus et viseront à faciliter la transmission des connaissances et du savoir-faire associés au Mek Mulung aux jeunes générations par le biais d’un apprentissage pratique. La première année du projet consistera à mettre en place des structures de coordination, à mener des recherches sur la pratique, à élaborer des modules de formation ainsi qu’à sélectionner les praticiens et les apprentis participants. Au cours de la deuxième année, les apprentis suivront des cours pratiques sur les bases du théâtre, du chant et de la musique Mek Mulung. La troisième année du projet sera consacrée à la documentation de la pratique, et s’achèvera par des représentations publiques et la reconnaissance officielle des apprentis ayant réussi leur formation. Le projet devrait contribuer à la stabilité économique de la communauté et accroître l’intérêt du public pour les spectacles de Mek Mulung. Il pourrait également inspirer le développement de modèles d’apprentissage similaires destinés à sauvegarder d’autres éléments du patrimoine culturel immatériel dans le pays et, plus largement, dans la région.
- Prend note en outre que cette assistance vise à soutenir un projet mis en œuvre au niveau national, conformément à l’article 20 (c) de la Convention, et qu’elle prend la forme d’octroi d’un don, conformément à l’article 21 (g) de la Convention ;
- Prend également note que la Malaisie a demandé une allocation de 99 952 dollars des États-Unis au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour la mise en œuvre du projet ;
- Décide que, d’après les informations fournies dans le dossier n°02375, la demande satisfait aux critères d’octroi de l’assistance internationale énoncés aux paragraphes 10 et 12 des Directives opérationnelles comme suit :
Critère A.1 : Le projet implique la communauté associée au Mek Mulung dans le village de Wang Tepus, berceau de cet art ancestral, qui se transmet de génération en génération au sein des familles. Les principaux bénéficiaires sont les détenteurs, les maîtres traditionnels (Adiguru), les praticiens et les futurs apprentis qui seront sélectionnés dans les écoles de l’État de Kedah, du primaire à l’université. Durant la mise en œuvre du projet, six « Adiguru » et quatre chercheurs universitaires aideront à préparer les modules de formation et dirigeront le programme d’apprentissage. La formation portera principalement sur la transmission des connaissances et du savoir-faire artistiques liés aux divers aspects du Mek Mulung. Bien que cet élément ait été à l’origine réservé aux hommes (les rôles féminins étaient joués par des acteurs masculins), il implique aujourd’hui de plus en plus souvent des praticiens et des détenteurs de tous les genres. Le projet adoptera une approche inclusive en matière de genre, en veillant à ce que la moitié des apprentis bénéficiant de la formation soient des femmes. La communauté de Wang Tepus est au cœur du projet et jouera un rôle actif tout au long de sa mise en œuvre, depuis la planification jusqu’au suivi et au monitoring.
Critère A.2 : La ventilation du budget et le calendrier proposé sont bien structurés et conformes aux activités décrites dans la demande. Le montant de l’assistance demandée est jugé approprié.
Critère A.3 : Les activités proposées sont cohérentes et bien planifiées par rapport aux objectifs et aux résultats attendus du projet. Le projet s’articule autour de cinq volets principaux : l’établissement d’un centre de formation, des ateliers de renforcement des capacités, des activités de sensibilisation, des représentations et de la documentation.
Critère A.4 : Globalement, le projet vise à faciliter la mise en œuvre de plusieurs mesures de sauvegarde identifiées dans le dossier de candidature de l’élément. Les activités proposées visent à lutter contre les principales menaces qui pèsent sur cet élément, notamment la diminution du nombre de détenteurs et de praticiens, le manque de documentation écrite et de matériel de formation, ainsi que le désintérêt des jeunes générations. Le projet devrait contribuer à la viabilité de cet élément et renforcer les capacités associées au Mek Mulung, grâce aux détenteurs et aux maîtres praticiens qui dispenseront des formations et transmettront leurs connaissances et leurs compétences aux membres de la communauté, en particulier aux apprentis. En outre, ces activités contribueront à revitaliser cette pratique et à mettre en évidence l’importance de la sauvegarde de ce patrimoine vivant au niveau national. En particulier, les activités de recherche et de documentation permettront la création d’un répertoire en ligne (« portail de cartographie culturelle ») regroupant des scripts, des partitions musicales, des articles universitaires et du matériel pédagogique sur cet élément. À moyen terme, le projet entend créer les conditions nécessaires pour susciter des vocations professionnelles et artistiques chez les jeunes pour leur permettre d’en tirer un revenu et ainsi empêcher la disparition de cette pratique. Enfin, le projet devrait permettre aux apprentis de travailler de manière autonome et de devenir des « ambassadeurs culturels » lors de représentations locales, nationales et internationales.
Critère A.5 : L’État partie demandeur contribuera à hauteur de 3 pour cent (3 500 dollars des États-Unis) du montant total du budget du projet (103 452 dollars des États-Unis). Par conséquent, une assistance internationale est demandée au Fonds du patrimoine culturel immatériel pour les 97 pour cent restants du montant total du projet.
Critère A.6 : Le projet vise à renforcer les capacités des communautés afin de consolider la viabilité des connaissances et du savoir-faire traditionnels associés au Mek Mulung, dans le but de les transmettre aux générations futures. Tout au long du projet, des maîtres traditionnels, appelés « Adiguru », élaboreront et mettront en œuvre un programme d’apprentissage dans leurs domaines d’expertise : le chant, la danse et la musique traditionnelle. L’objectif est de faciliter la transition d’une tradition orale complexe vers des formations pédagogiques structurées à l’intention des apprentis. Le projet prévoit la formation de cinquante apprentis, hommes et femmes, par des maîtres praticiens qui leur transmettront leurs compétences et leurs connaissances dans le cadre d’un programme d’apprentissage d’une durée de soixante-dix heures, réparties sur quarante-deux semaines. Les apprentis seront sélectionnés au sein de la communauté ; les jeunes âgés de 9 ans et plus pourront participer avec l’autorisation de leurs parents. Le projet devrait contribuer à la création de dix groupes de praticiens du Mek Mulung. Le projet prévoit également le versement d’indemnisation aux maîtres praticiens et contribuera à la rénovation du centre de formation de Kedah. L’objectif étant de renforcer les conditions nécessaires à la poursuite de la pratique et à la transmission du Mek Mulung en tant que patrimoine vivant au sein de la communauté et au-delà. Enfin, le projet renforcera les capacités au niveau institutionnel, dans la mesure où il contribuera à développer les compétences de l’équipe du Département national de la culture et des arts en matière d’élaboration de méthodologies et de documentation relatives à la sauvegarde.
Critère A.7 : L’État partie demandeur n’a, à ce jour, bénéficié d’aucune assistance financière du Fonds du patrimoine culturel immatériel de la Convention de 2003 pour la mise en œuvre d’activités dans le domaine du patrimoine culturel immatériel.
Paragraphe 10(a) : Le projet a une portée nationale, et implique la participation d’autorités et d’organisations locales telles que l’ONG AKRAB, des universités, des écoles et des groupes artistiques. Sa mise en œuvre impliquera des partenaires nationaux, notamment le ministère du Tourisme, des Arts et de la Culture, par l’intermédiaire du Département national de la culture et des arts (JKKN).
Paragraphe 10(b) : La force du projet réside dans la mise en place d’un programme d’apprentissage et le développement d’une méthodologie qui contribueront à la viabilité ainsi qu’à la visibilité de l’élément. De plus, le village de Wang Tepus sera désigné comme centre de formation de référence pour le Mek Mulung, fonctionnant ainsi comme un « centre du patrimoine vivant » dédié à la formation et à la transmission de cette pratique. Le programme d’apprentissage pourrait susciter l’intérêt des secteurs public et privé pour un financement supplémentaire au terme du projet.
- Approuve la demande d’assistance internationale de la Malaisie pour le projet intitulé Le programme d’apprentissage du Mek Mulung, et accorde un montant de 99 952 dollars des États-Unis pour sa mise en œuvre ;
- Encourage l’État partie à rendre compte des efforts de sauvegarde et des résultats obtenus dans le cadre du projet d’assistance internationale dans son prochain rapport périodique sur l’état de l’élément inscrit sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ;
- Demande au Secrétariat de se mettre d’accord avec l’État partie demandeur sur les détails techniques de l’assistance, en accordant une attention particulière à ce que le budget et le plan de travail détaillés des activités à couvrir par le Fonds du patrimoine culturel immatériel, soient suffisamment précis pour justifier toutes les dépenses ;
- Invite l’État partie demandeur à utiliser le formulaire ICH-04-Rapport afin de rendre compte de l’utilisation de l’assistance octroyée.